5ème étape: Briançon - Jausiers
Tout le monde tient pas mal le coup, même si Celine a préféré renoncer au Galibier hier. Il faut dire qu’elle s’est mise au vélo il y a 4 mois seulement ! C’est d’ailleurs un sacré personnage, puisque nous apprenons qu’avant d’être infirmière libérale à Caen, mariée à un kiné, elle est née en Suisse, a fait ses études à Washington et a travaillé là-bas chez Goldman Sachs pendant 7 ans, avant de tout plaquer!
Ce matin, seuls Céline et Adrian notre Irlandais de Lyon choisissent la variante « facile », en contournant le col d’Izoard et en rejoignant directement Guillestre depuis Briançon. Il faut dire qu’hier soir Adrian sans doute un peu étourdi par tant d’efforts a trouvé le moyen de se tromper de direction au sommet du Lautaret où nous avions déjeuné. Il est donc descendu non pas vers Briançon à gauche, mais vers Grenoble à droite, et n’a réalisé son erreur qu’une fois arrivé à La Grave en voyant un panneau Briançon 52kms dans le sens inverse... Julien est remonté le chercher alors qu’un orage avait déjà éclaté.
Briançon est le seul passage de cette grande route des Alpes où l’on peut éviter de grimper un col, mais nous les masochistes au bronzage bicolore ne raterions pour rien au monde la vue du sommet de l’Izoard, mythe du Tour de France et superbe col qui domine le parc national du Queyras.
Nous attaquons la montée directement le matin, la température est encore clémente. Dommage demain la route est reservée aux seuls cyclistes, à un jour près...
Comme souvent je pars un peu devant, puis je suis largué au bout de 6 kms par les deux triathlètes du groupe, qui trouvent que je démarre trop vite. Je ne m’en rend pas compte, je suis toujours à fond sur un vélo: sur le plat ou dans les côtes de la vallée de Chevreuse le week-end, au début des cols, à la fin des cols, dans les descentes, je ne sais pas faire autrement.
Comme souvent je pars un peu devant, puis je suis largué au bout de 6 kms par les deux triathlètes du groupe, qui trouvent que je démarre trop vite. Je ne m’en rend pas compte, je suis toujours à fond sur un vélo: sur le plat ou dans les côtes de la vallée de Chevreuse le week-end, au début des cols, à la fin des cols, dans les descentes, je ne sais pas faire autrement.
Mais cette première montée se passe plutôt bien, je tiens encore presque 10km/h dans les dernières pentes à 10% (il faudrait retourner au Mont Ventoux comme mon père, avec cet entraînement je devrais pouvoir espérer grimper en 1h40 ou 45). Un peu avant le sommet je croise un des 4 refuges dit « Napoleon », que Napoleon 1er avait ordonné de construire en remerciement à la population alpine lorsqu’il fit son retour d’exil depuis l’île d’Elbe en 1815, par la route passant notamment par Gap et devenue depuis la « route Napoleon ». Six ont été construits finalement sous Napoleon III, et 4 subsistent seulement, reconvertis depuis en hôtels - restaurants de bonne réputation.
Descente rapide et magnifique vers les gorges du Guil, je tente une petite pointe de vitesse dans la célèbre ligne droite à 10% de Brunissard, mais je ne dépasse pas mon record de la semaine du Cormet de Roselend. Nous descendons la vallée du Guil vers Guillestre à 5, et Chadi explose brutalement son pneu avant en roulant sur une pierre probablement. Nous l’aidons à réparer provisoirement gràce à un bout de chambre à air en guise de raccord sous le pneu. Pendant ce temps, mon copain Mathieu avec qui j’ai tant partagé de sorties vélo m’appelle pour prendre des nouvelles. Il est en vacances à Guillestre! Nous nous retrouvons donc quelques temps sur le parking de la gare routière où est installé notre ravitaillement - déjeuner.
Et puis... il faut maintenant grimper le col de Vars, il est 12h30, la température est déjà élevée, et je sens la flemme passer sa tête par une petite porte... Hors de question de se laisser aller, Vars ça n’est jamais que 19kms d’ascension, 1100m de dénivelé! La première partie est éprouvante, ça monte entre 7 et 9% pendant 7kms, alors je tente de mouliner, comme Froome, enfin beaucoup moins parce que même tourner les jambes à 80 tours/minutes je trouve ça exténuant. Cela dit ça marche pas mal, et j’arrive sans trop de souffrance dans la deuxième partie moins raide du col. Didier me rattrape une fois de plus dans une portion plate, il suit à toute allure un anglais à moustache habillé en Rapha, et me fait signe de prendre sa roue! Ben non, puisque je suis à fond...
2kms avant le sommet, un autre refuge Napoleon nous accueille pour savourer tous ensemble une tarte aux myrtilles recommandée par Yves et Arthur qui connaissent l’endroit l’hiver. J’en ai fait une photo, parce que cette tarte, il n’y a pas 2 endroits où la trouver. C’est comme le flan pâtissier à Chartres pendant Paris-Chartres-Paris, les efforts consentis influencent certainement mon jugement, mais quand même quel pied!
Au sommet de Vars (2109m encore tout de même), il ne reste plus qu’à dévaler vers Jausiers. Nouveau record de la semaine (85km/h), et un gîte très sympathique et accueillant, ça change d’hier.
Demain deux gros cols au programme, ça ça ne change pas!





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