3ème etape: Seez - Aussois

Hier au dîner je me suis assis avec ceux dont j'étais à l'opposé à table la veille au soir, ce qui fait que je connais un peu mieux tout le monde désormais. Les métiers de la santé sont de loin majoritaires avec d’abord le couple Didier-Celine, lui est kiné et elle infirmière, ils habitent à Caen. Caen, dans le Calvados, ah ma parole vous débarquez! disait Raymond Devos. Ensuite le « couple » Yves et Arthur, père et fils de Tours, le second finit sa dernière année de médecine générale, le premier est directeur des ventes chez un gros fournisseur de labos pharmaceutiques (bon on s’éloigne un peu de la santé, mais pour le vélo ça peut être utile quand même). Enfin Pascal, dentiste d’une cinquantaine d’années près de la frontière Suisse.
Plus surprenant, nous avons 2 professeurs de français en collège, Clément qui enseigne à Lille et qui est sans aucun doute le plus costaud du groupe, et Armelle qui enseigne dans les Yvelines, et qui est accessoirement championne de france d’aviron (mais quand même beaucoup moins véloce sur un vélo). Son mari Christian est technicien signalisation pour la SNCF (il a du avoir du boulot cette année!). Avec Chadi et Adrian que j’ai déjà présenté, voilà un groupe assez étonnant. Vive le vélo!
Aujourd’hui ascension du col de l’Iseran, un des plus hauts d’Europe avec un sommet à 2780m, et 50 kms de montée depuis Bourg Saint Maurice. Les toxines me brûlent les cuisses terriblement pendant les 5 premiers kilomètres, pourtant pas vraiment insurmontables, et je m’inquiète de la suite du parcours. Mais je me souviens aussi de ces nombreuses sorties cyclistes du dimanche matin encore bien enbrumé par un samedi soir trop festif, qui ont commencé également dans la douleur avant de s’éclaircir miraculeusement. Et c’est précisément ce qui arrive. Mon ami Chadi disparaît soudain de ma roue arrière lorsque nous attaquons les pentes raides de Sainte Foy Tarentaise, et plus je monte, mieux je me sens. Je rattrape les plus lents que nous avions convenu de laisser partir avec de l’avance histoire d’arriver groupés, et je ne vois pas arriver dans le rétroviseur les 3 plus forts qui ont choisi à nouveau une variante un peu plus difficile par Montvalezan.
ici le lac de Tignes

Rendez-vous et petite collation à Val d’Isère, nous avons déjà grimpé la moitié du col et tout va très bien. Cette fois pas de risque de fringale, j’ai plusieurs barres dans les poches, et je grimpe assez facilement jusqu’au sommet sans que personne ne me rejoigne. Chadi suit à quelques minutes, nous faisons une photo souvenir chacun au sommet, et redescendons à toute vitesse vers Bonneval sur Arc où nous devons déjeuner.

Il reste 37 kms à parcourir jusqu’au Fort où nous devons passer la nuit: le Fort Marie Christine qui surplombe le village d’Aussois, et dont l’histoire est étonnante. Contruit comme 5 autres forts de la région entre 1830 et 1860 par les Italiens pour se protéger d’une éventuelle invasion des Francais (!), il devient français lors de l’annexion de la Savoie en 1860. 3 de ces forts sont rachetés beaucoup plus tard en 1970 par la commune d’Aussois, qui les rénove et les exploitent depuis comme gîte d’étape et restaurant été comme hiver. Un endroit un peu spartiate mais très exotique!
Demain nous serons à Briançon après avoir grimpé le Télégraphe et le Galibier, on nous a proposé un massage à l’hôtel et j’ai réservé. Mais si, mais si, je crois que pour une fois, j’en ai besoin.

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