Etape 2: La Clusaz - Seez

Hier je ne me suis fait doubler que par deux types finalement . C'était dans la Colombière, que j'ai grimpé à un petit 12km/h de moyenne alors que le peloton du Tour l'a avalé à 17,5 il y a quelques jours. Pas si mal, d'ailleurs j'y pensais en lisant les nombreux graffitis peints sur la route: "Froome dopé ". Mais dans la première partie du col des Aravis, pour remonter jusqu'à notre hôtel, je commençais à en avoir plein les bottes, j'aurais bien avalé un petit quelque chose quand même : un steak contaminé , une bouffée de ventoline, n'importe quoi d'efficace. 
Aujourd'hui on attaque directement dans la pente, on a dormi sur la route des Aravis et il reste 5 kms jusqu'au sommet à 1470m.


La nuit a été bonne, sans plus. Car ce qui devait arriver arriva: dans ma chambre de 3 il y a un ronfleur... et c’est l’accompagnateur Julien, qui va sans doute partager ma chambre tous les soirs! Ce matin il était désolé, il me dit qu’il ne faut pas hésiter à le frapper. Mais un cycliste ne sait être violent qu’avec lui-même. Bref dans les Aravis je pars à mon rythme matinal, et au bout de quelques minutes, plus personne derrière ! Je ne suis pas devenu plus fort que tout le monde, mais ils ont démarré pianissimo (une nuance compréhensible des pianistes et des campionnissimo). Dans la descente même topo, mais là c’est parce que personne n’est vraiment à l’aise lorsque la pente est négative. On arrive à Flumet, un magnifique petit village construit autour de l’Arly, un torrent dont la source est à Megeve et qui coule jusqu’ Albertville.


Au sommet du col des Saisies, petite collation, on a déjà grimpé presque 1200m, et je sens qu’il vaut mieux renoncer au col du Pré pour rejoindre le superbe lac de Roselend.



Ca ne rajoute pas tant de dénivelé par rapport au Cormet de Roselend lui-même, mais les pourcentages sont très sévères et je crains l’enchaînement des journées ainsi que mon genou. Je laisse donc bifurquer mes trois compagnons plus costauds que moi à Beaufort, et je m’engage seul pour 20kms d’ascension! Le ravitaillement est au sommet, et avec une malheureuse petite pâte d’amande je suis un peu optimiste. Résultat: dans la dernière portion, au-dessus du lac et du col de Meraillet, je souffre d’une fringale.



Je la gère tant bien que mal sur les 6kms qui me séparent encore du sommet à 1968m exactement, mais je vais loin dans la souffrance jusqu’à apercevoir enfin notre camion.


Je suis le premier à déjeuner, les 3 costauds ayant choisi un trajet plus long. Et puis tous les autres arrivent progressivement, mais je passe 1h15 en haut, et j’encourage un peu certains à attaquer enfin la descente.


Je la connais très bien, rapide au début (83km/h aujourd’hui), et très technique sur la partie basse. J’arrive seul à Bourg St Maurice, je sais que mes poursuivants veulent boire un café en ville mais je n’aime pas trop tous ces arrêts lorsqu’il faut remettre en route après... Je grimpe donc encore assez facilement 4kms vers Villard Dessus, sur la route du col du Petit St Bernard, celui qui mène à la fameuse Ferme d’Angèle où nous avions passé les premières vacances d’hiver avec Madeleine bébé, ou qui permet de basculer en Italie vers Aoste (vous vous souvenez les filles?).
L’hôtel est tranquille, sans intérêt. J’accompagne Julien à Bourg St Maurice pour acheter un cordon de charge téléphone/GPS parce que le mien ne marche plus, et que sans cordon plus de blog, et puis quelques barres énergétiques perso pour ne plus connaître la fringale.
2500m de dénivelé, je suis fatigué. Demain le col de l’Iseran, si ça passe bien je serai confiant pour le reste du parcours!

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